Portage salarial: Interview de Bernard Beguin, secrétaire général de Missions-Cadres

Tous les organismes de portage salarial ne se valent pas. La réussite de la création de votre activité indépendante passe par le choix d'un partenaire proactif qui ne se contente pas de gérer ses adhérents mais leur fournit des clés pour vendre leur expertise et développer une activité indépendante gratifiante et rémunératrice.

Nous avons rencontré Bernard Beguin, le secrétaire général de MISSIONS-CADRES qui nous explique sa vision du portage salarial et ce que sont, selon lui, les clés de la réussite pour les experts indépendants. Il valide l'approche préconisée par la méthode SPGC et notamment l'existence du marché latent de l'expertise dont l'exploitation permet de développer une activité indépendante gratifiante et rémunératrice, même si l'on n'est pas un expert de la vente.
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Parmi les différents statuts adaptés à l’exercice d’une activité en tant qu’indépendant, le portage salarial séduit de plus en plus d’actifs. On compte environ 50 000 portés en France et le potentiel est estimé à plus de 300 000 portés dans les années à venir. Pour mieux comprendre le statut, Bernard Béguin, secrétaire général de MISSIONS-CADRES, société de portage fondée en 1997, a accepté de répondre à quelques unes de mes questions.

Bonjour Bernard, pourriez-vous nous expliquer en quoi consiste le portage salarial ?

Bernard Béguin : « Le portage salarial est un concept créé dans les années 1980 en Angleterre. C’est à la fin des années 90, qu’il s’exporte en Europe. Il arrive discrètement en France et se développe rapidement dans les années 2000.

Le portage salarial est un statut professionnel novateur basé sur la complémentarité de deux principes habituellement opposés : l’indépendance du porté au même titre que la profession libérale ou la micro-entreprise, couplée avec le régime du salariat et tous les avantages en matière de protection sociale qui s’y rattachent. »

Quels sont les avantages de ce statut par rapport à la profession libérale ou la micro-entreprise ? 

B.B. : « Le portage salarial répond d’abord à l’envie d’autonomie des porteurs de projet : chacun est indépendant pour rechercher ses missions, fixer ses prix et développer son portefeuille clientèle. Il a plusieurs atouts non négligeables par rapport au statut de la micro-entreprise ou de la profession libérale :

  • Le professionnel porté a la même protection sociale qu’un salarié, contrairement aux micro-entrepreneurs. Par ailleurs, il peut cumuler sous certaines conditions fixées par la loi,  son activité avec une allocation de Pôle Emploi.
  • Il est libéré des lourdeurs administratives entièrement prises en charge par sa société de portage, ce qui lui permet de se consacrer entièrement à son cœur de métier.
  • Chez MISSIONS-CADRES, il bénéficie d’une assurance responsabilité civile professionnelle de qualité et pour les formateurs, d’un numéro d’agrément formation.
  • Sur le plan fiscal et contrairement à la profession libérale, le porté n’assume des charges sociales et patronales que lorsqu’il travaille. Comme le dit si bien l’un de nos collaborateurs : « je travaille, je paye ; je ne travaille pas je ne paye pas. » Chez MISSIONS-CADRES, nous sécurisons également la trésorerie du professionnel en portage en garantissant sa rémunération, en début de mois, dès la fin de sa mission, sans attendre que le client final ait réglé la facture, à condition que la mission soit réalisée en France. Le professionnel en portage n’est pas soumis à un seuil de Chiffre d’affaires.
  • Enfin grâce aux échanges réguliers et à la mise en réseau avec les autres portés, le professionnel n’est pas isolé. Il est accompagné dans son activité.

Pour cette prise en charge globale et sécurisée, les sociétés de portage prennent en général environ 10% de frais de gestion. En ce qui nous concerne, ce taux est dégressif en fonction du CA réalisé. »

Le portage salarial s’adresse-t-il à tous les professionnels en recherche d’activité ?  

B.B : Le statut est adapté aux professions intellectuelles : consultants, créatifs, formateurs, interprètes et traducteurs. Il convient à la fois aux porteurs de projets, aux personnes en recherche d’emploi qui peuvent vendre une mission avant d’être embauché par exemple, aux jeunes diplômés qui veulent acquérir une première expérience et aux seniors en reconversion professionnelle. Les micro-entrepreneurs limités par leur CA peuvent cumuler avec le portage salarial pour ne pas perdre leur clientèle. Le portage peut également être une activité complémentaire ou réduite (salariés à mi-temps ou personnes à la retraite).

Chez MISSIONS-CADRES, quels sont les profils de vos collaborateurs ? 

Chez MISSIONS-CADRES, 66% de nos prestataires portés sont des femmes et 34% des hommes. Nous comptons 32% de consultants, 20% de formateurs, 18% d’interprètes et 30% de traducteurs.

Un peu plus de 41% d’entre eux ont lancé leur activité après une période de chômage plus ou moins longue. 21 % ont basculé de la profession libérale vers le portage. Un peu plus de 12% cumulent le portage avec le statut de micro-entrepreneur. Enfin, nous comptons un peu plus de 13% de salariés et environ 6% de retraités.

Pensez-vous que devenir indépendant porté est une voie pour tous les professionnels ? 

B.B. : « Je ne crois pas… Le grand écueil des personnes en recherche d’emploi est de se tourner vers le portage salarial par défaut. Devenir indépendant en portage salarial ou pas est une prise de risque qu’il faut savoir évaluer en toute franchise. Il faut d’abord avoir une vraie envie de créer sa propre activité et analyser avec lucidité ses chances d’y arriver, car l’objectif est bien d’en vivre. Il faut être prêt à se préparer à une révolution intérieure : l’autonomie si on s’y prend mal peut devenir un isolement, et sans méthode, il peut conduire à l’échec.

C’est simple, sur 365 jours, le consultant en portage facturera au mieux 100 jours de mission. Le reste est dévolu à la préparation des interventions et bien sûr au commercial. Il faut donc anticiper.

Quelles sont d’après vous les difficultés que rencontrent le plus souvent les nouveaux portés ? 

B.B : « Je vois trop de portés qui tablent tout sur leur profil métier, sans évaluer leurs compétences transversales. Dès qu’il faut s’attaquer à la prospection  commerciale, ils entrent dans une zone d’inconfort car ce n’est pas leur métier. Or, il faut apprendre à se vendre car c’est le nerf de la guerre.

Beaucoup d’entre eux ont également peur de donner la juste valeur commerciale à leur mission. Or, comme je le dis régulièrement « Gratuit n’est pas une option ».

Enfin, certains ont du mal avec l’isolement, le travail depuis le domicile.

Mais, il existe, face à chacune de ses difficultés, des solutions efficaces qui lorsqu’elles sont bien travaillées, mènent au succès.

Je crois sincèrement que tout repose dans l’art de se libérer de ses vieux schémas et dans l’art de se réinventer. En découvrant, votre méthode SPGC, il me semble clairement que c’est l’une des solutions possibles pour le volet recherche de missions.

En quoi la méthode SPGC peut-elle aider vos collaborateurs à réussir en portage salarial ? 

B.B. : « Que ce soit pour de la recherche de missions ou pour un emploi, ce qui m’interpelle dans votre méthode, c’est qu’elle s’affranchit des schémas commerciaux ou de recherche d’emploi classiques. En tant que dirigeant de PME, les notions que vous abordez comme la recherche d’une plus value quantifiable me parlent forcément.

Pour mes collaborateurs portés, l’idée de se positionner sur un marché latent est extrêmement intéressante car cela permet de court-circuiter la concurrence. Et puis, la démarche repose sur la capacité à conseiller avant même de négocier. Le collaborateur porté se retrouve donc dans une relation gagnant-gagnant où dans un premier temps (celui qui est le plus important dans une relation professionnelle à mes yeux), l’enjeu commercial et la peur de l’échec sont effacés.

Votre méthode permet à chaque porteur de projet de dépasser le cadre de ses propres représentations. Il ne peut plus se définir et souvent se cacher derrière son expertise métier, mais il doit s’envisager dans toute sa globalité. Et cela, c’est passionnant ! Il y a une part de créativité qui me séduit dans la démarche. Aider le  dirigeant à prendre conscience de ses manques et surtout des opportunités qui peuvent se présenter et lui apporter une solution avec une valeur quantifiable sans risques pour lui est vraiment porteur ! On ne répond plus à une commande d’une mission, c’est le porté qui amène la prise de conscience du besoin. »

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